Le SIGERLy accompagne les communes de son territoire dans la réalisation de leurs projets en éclairage

28/05/2019

Éclairage : Quelles opportunités pour les collectivités ? Le SIGERLy accompagne les communes de son territoire dans la réalisation de leurs projets en éclairage.

Rendez-vous le 19 juin à Onlylight, le salon des usages de la lumière pour en savoir plus sur les solutions adaptées à l’éclairage dans les écoles et le « futur » de l’éclairage public autour de tables rondes où certains élus du SiGERLY témoigneront ainsi que les techniciens en éclairage du syndicat.



 


Interview de Monsieur Pierre ABADIE, Maire de Sathonay-Camp, 9ème Vice-président de la Métropole de Lyon à la Voirie, hors grands ouvrages et grandes infrastructures et Président du Sigerly qui nous explique son rôle, les évolutions et attentes sur l’éclairage des collectivités.


Pouvez-vous nous restituer le métier, les missions du SIGERLy ?

Tout d’abord, il faut rappeler que le SIGERLy a évolué depuis sa création. Fondé en 1935, regroupant 33 communes du Rhône, c’est un des plus anciens syndicats de France. Il est passé d’un statut d’EPCI à un syndicat mixte depuis 2015 suite à la création et à l’intégration de la Métropole de Lyon au SIGERLy.
Aujourd’hui, nous avons 67 membres dont 66 communes de l’agglomération lyonnaise représentant une population de près de 903 000 habitants.

Le syndicat a pour mission essentielle, la première, le contrôle des concessions de gaz et d’électricité. Mais il y a d’autres options qui sont la maîtrise de l’énergie (travail avec les communes sur les économies à générer sur les bâtiments publics), l’éclairage public avec tous ses composants (maintenance, rénovation, mises en lumière), l’enfouissement des réseaux aériens d’électricité, d’éclairage public et de télécommunication en coordination avec Enedis, et les différents opérateurs. Et enfin un travail sur le photovoltaïque, à la demande des communes.

 

La population est « pour » un éclairage sécurisant de la voirie. Comment concilier cette demande avec la maîtrise des dépenses publiques ?

L’éclairage public, à l’origine, avait été conçu pour la sécurité. C’était sa fonction initiale. Aujourd’hui il a pris d’autres aspects. C’est l’embellissement et la mise en valeur de bâtiments. Concernant l’éclairage classique dit l’éclairage de voirie, nous avons eu une très forte demande pour faire des économies sur les financements mais aussi dans le cadre de la protection de l’espèce animal et éviter au maximum la pollution lumineuse.

Comment faire pour avoir les deux : nous avons la chance que la technologie ait pu faire évoluer la technique. Aujourd’hui, nous utilisons de plus en plus de matériel à faible consommation énergétique comme les LEDS, qui permettent une baisse considérable des consommations et ainsi générer des économies pour les communes.
Certains pensent qu’on pourrait faire l’extinction complète des voiries. Des débats ont régulièrement lieu. Nous avons d’ailleurs organisé une matinale à ce sujet. Les élus sont partagés sur cette définition de l’extinction totale. En tant que Président du syndicat, je souhaite que ce choix soit fait par les maires, dans le cadre de leur pouvoir de police et qu’il le fasse en connaissance de cause. Elle peut se justifier sur certaines voiries ayant peu de trafic, sous réserve de prévenir la population de cette extinction.
Il existe d’autres solutions alternatives pour avoir non pas une extinction totale mais partielle avec des baisses d’énergies qui concilient les deux : économies financières et protection de l’environnement. Plusieurs systèmes existent. J’en citerai deux. La détection de présence qui allie l’extinction complète et l’éclairage nécessaire pour la sécurité et le système de bi-puissance qui, sur certains créneaux horaires, permet d’abaisser fortement l’intensité lumineuse.

 

Quels sont les projets récents ou actuels réalisés au sein des 66 communes gérées par le SIGERLy en lien avec l’éclairage ?

Nous poursuivons notre démarche d’élimination des sources à vapeur de mercure, notamment sur les 8 communes qui ont adhéré à la compétence éclairage publique ces 3 dernières années. Désormais nous les remplaçons systématiquement par des sources Leds. Ce sont pour ces communes de gros projets d’investissement mais qui s’équilibrent rapidement sur la facture énergétique.
En parallèle de cette tâche de fond, nous travaillons sur de beaux projets : la mise en lumière des aqueducs de Chaponost, de l’église d’Ecully et de la gare d’Irigny, la requalification de la place Jocteur à Corbas, la réhabilitation complète de l’éclairage du lotissement Bois Dieu à Lissieu soit 190 luminaires ou encore la plaine des sports de Genay.
Dans tous nos projets, la technologie Leds, avec abaissement des niveaux d’éclairement en cœur de nuit, est une priorité.
Enfin, un autre gros chantier concerne le géoréférencement des réseaux souterrains existants, afin de se conformer à la réglementation. Le SIGERLy investit cette année 500 000 € dans ce processus qui sera à terme un gage de sécurité pour les entreprises puisque nous serons en mesure de leur donner la position de notre réseau avec une précision de classe A (dans un rayon de 50 cm).
A titre d’information, le SIGERLy possède environ 4 000 km de réseaux souterrains d’éclairage public. C’est un projet qui va s’étaler sur plusieurs années compte tenu du niveau d’investissement.

 

On constate un lent développement de la smart city en France. Selon vous, la baisse des dotations aux collectivités locales est-elle la seule raison ?

Je ne parlerai pas d’un lent développement mais simplement d’un ralentissement lié à d’autres facteurs, qui vont au-delà de la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités.
Devenir « ville intelligente », est un projet complexe qui engage de nouvelles responsabilités (sur la gestion des données notamment), qui nécessite de nouvelles compétences et dont l’impact social, économique et environnemental doit être mesuré au préalable. Il faut penser aux usages, à l’intérêt commun, quel bénéfice pour la population ? A notre échelle, nous avons pu le constater lors de la mise en place des compteurs communicants linky pour l’électricité et gazpar pour le gaz.

Le SIGERLy a été territoire d’expérimentation et nous nous sommes rendu compte très rapidement des difficultés techniques liées notamment à l’installation de ce nouveau matériel et de sensibilité des utilisateurs, pouvant être réfractaires au déploiement. (Peurs liées aux éventuels dangers d’émission d’ondes, de radiation, ou bien d’intrusion dans la vie privée).

 

Quelles sont les principales caractéristiques technologiques d’une ville intelligente ? L’éclairage public et les objets connectés – quels services pour les collectivités et les citoyens ?

Le principe d’une ville intelligente est de pouvoir faire fonctionner une ville à partir de données collectées grâce aux nouvelles technologies. Ce qui permettrait de mieux consommer nos ressources, faire des économies d’énergie, et répondre plus efficacement aux besoins des usagers.
De nombreux secteurs sont concernés. Je parlerai de l’éclairage public plus particulièrement dont nous pouvons dorénavant adapter son fonctionnement aux différents quartiers et à leurs besoins. Par exemple, en centre-ville ou lors de manifestations festives, l’éclairage se veut plus important, coloré, animé. Dans des secteurs plus résidentiels qui ont besoin d’un environnement apaisé, l’intensité lumineuse sera diminuée à certaines heures de la nuit. D’autres espaces publics auront besoin d’un éclairage important pour des raisons de sécurité…
Les outils qu’offre le « numérique » touchent aussi d’autres domaines comme la circulation (animation des feux tricolores), le transport, le stationnement (connaitre en temps réel où il y a des places disponibles) ou l’e-administration qui permettent aussi de faciliter la vie quotidienne des habitants…
Il est important de rénover les réseaux d’éclairage public. Les avancées technologiques permettent de trouver des solutions adaptées qui réduisent l’impact de l’éclairage sur la biodiversité et l’observation du ciel nocturne tout en permettant de réaliser de substantielles économies d’énergie.

 

Que pensez-vous du dernier arrêté relatif à la réduction des nuisances lumineuses ?

Aujourd’hui, il est primordial de prendre en compte la biodiversité et adapter nos éclairages en conséquence. Le SIGERLy entretient et rénove ses réseaux d’éclairage public, plus de 64 000 points lumineux, dans ce sens.
Sur le fond, la publication de cet arrêté est une bonne chose car cela permet d’établir un cadre légal pour les projets d’éclairage public. Toutefois, en ce qui concerne le SIGERLy, ce n’est pas une révolution. En effet, plusieurs éléments de l’arrêté comme la limitation de la température de couleur, la performance des luminaires notamment en ce qui concerne le flux émis vers le ciel ou la limitation des niveaux d’éclairement sont déjà des contraintes que le syndicat prend en compte depuis maintenant plusieurs années.
Sur la forme, il y a malheureusement plusieurs articles qui manquent de précisions dans leur rédaction et  qui prêtent à interprétation (par exemple dans la définition de la surface à éclairer).
Toutefois, le SIGERLy a bien saisi l’esprit du texte, et est sensible aux questions environnementales. D’autant plus que la réduction des nuisances lumineuses et la réalisation d’économies d’énergies sont deux objectifs entièrement compatibles. Ainsi, dans l’élaboration de ses projets, le SIGERLy travaille systématiquement sur ces deux axes : créer une ambiance lumineuse agréable ainsi qu’un éclairage permettant aux usagers de circuler en toute sécurité, tout en limitant au maximum la pollution lumineuse.